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L’Affaire Quinot. Un forfait judiciaire, Émile Danoën

mardi 14 septembre 2010, par Greg

L’Affaire Quinot. Un forfait judiciaire, Émile Danoën

Pour écrire ce grand roman populaire qu’est l’Affaire Quinot, Émile Danoën s’est inspiré de la vie de Jules Durand, anarchiste et secrétaire du syndicat des charbonniers au Havre en juillet 1910. Danoën retrace dans ce roman les principales étapes d’une odieuse machination qui s’inscrit dans le contexte d’une farouche répression du mouvement syndical. Une simple rixe entre ivrognes se soldant par la mort d’un chef de bor- dée « jaune » se transforme en un « crime syndical » avec préméditation... L’auteur nous délivre le meilleur roman historique jamais écrit sur l’affaire Durand. Mais ce qui fait la grandeur de ce livre, outre la véracité des faits relatés, c’est le style de l’écrivain tout empreint de cette sève ouvrière aux accents des travailleurs portuaires. Il y a dans ce récit émouvant et authentique la faconde des dockers, la pugnacité des militants contre l’injustice mais aussi de la désillusion et de la révolte.

Émile Danoën (1920-1999), bien que né en Bretagne, est un enfant du Havre, et plus exactement un enfant du port, un « enfant des bassins » comme il intitulera l’un de ses derniers romans, encore inédit. Il a joué avec ses copains aux alentours des ateliers de la Compagnie générale transatlantique où son père – après un grave accident de bateau qui le rendit infirme durant la guerre de 14-18 – avait trouvé un emploi de gardien. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugia à Marseille et devint l’un des collaborateurs des Cahiers du Sud. L’éditeur Jean Vignaud publia ses premiers récits (Cerfs-volants en 1942, Rue des enfants abandonnés en 1945 puis L’Aventure de Noël en 1946). Après l’Occupation, il s’installa à Paris où il devint critique littéraire à Ce soir tout en continuant à écrire et à publier chez Julliard, Flammarion puis Gallimard. Loin de sa ville (presque) natale, il ne l’oubliait pas. Il obtint en 1951 le Prix du roman populiste pour Une maison soufflée aux vents qu’il fit suivre en 1952 de Idylle dans un quartier muré, deux ouvrages qui mettent en scène le quartier Saint-François de sa jeunesse, à l’heure des bombes. Avec L’Affaire Quinot, il a remonté le temps au-delà de ses souvenirs, pour raconter l’histoire d’un autre enfant du peuple havrais.

Nombre de pages : 304
Format : 16 x 24
Prix : 20 euros
Frais de port : 4,05 euros
Genre : roman noir
ISBN 978-2-915731-25-X
Parution : septembre 2010

Éditions CNT, 33, rue des Vignoles, 75020 Paris
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