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Témoignage...

dimanche 10 juin 2012, par Greg

Suite à un traumatisme crânien à l’âge 6 mois, mon fils Alexandre a dû faire de la rééducation motrice pendant trois ans.

Son père et moi ne connaissions pas encore les séquelles physiques et psychologiques de son traumatisme.

Nous l’avons scolarisé dans une maternelle dite « classique ».
Sans pouvoir imaginer le parcours du combattant qui nous attendait. Nous avons été confrontés rapidement au décalage dû à son handicap. Parallèlement à sa scolarisation, mon fils était suivi dans un centre médico-psychologique par un psychiatre et une ergothérapeute.
À l’école, Alexandre n’était pas en mesure de répondre efficacement aux exercices et activités que l’on demande à un enfant de cet âge. Nous étions très régulièrement convoqués par le Corps enseignant qui nous signifiait que notre fils ne réagissait pas comme un enfant de son âge. J’ai même entendu textuellement « Alexandre ne rentre pas dans la case… » ; y avait-il une sorte de barème, de moule ?
Ensuite, tout en continuant sur le même rythme, Alexandre s’est retrouvé littéralement dépassé par un système scolaire qui lui demandait en fait beaucoup. Personne ne s’est jamais dit qu’Alexandre n’était pas dans la bonne structure.

Comme ses professeurs nous disaient qu’il ne travaillait pas assez, nous faisions preuve de trop de sévérité sans pouvoir imaginer qu’il ne pouvait pas intégrer tout ce qu’on lui demandait, au rythme d’un enfant dit normal.

Par le biais du CMP*, mon fils a fait un bilan neuropsychologie et un test de quotient intellectuel. Nous avons rencontré plusieurs psychiatres et avons eu affaire à beaucoup de soignants différents. nous avons tout entendu : schizophrénie, hospitalisation de jour, maladies diverses…

Je me dis maintenant qu’elle chance que l’instinct (et un peu d’intelligence !) nous ait fait remettre en cause l’ensemble de ces diagnostics quitte parfois à s’y opposer.

Ça n’est qu’à son entrée en CM 1 que nous avons eu, enfin, une attention différente. Suite aux
lacunes et difficultés de notre fils, son instituteur nous a conseillé un rendez-vous avec un psychologue scolaire. Tout s’est déclenché à partir de ce moment-là. Nous pouvions enfin mettre un nom sur le handicap de notre fils. Il souffrait de dyspraxie et son cerveau n’assimilait pas les choses de la même façon qu’un enfant de son âge.

C’est avec la rencontre d’un nouveau docteur que nous avons pu envisager un avenir différent pour notre fils. Il a pu intégrer une structure spécialisée, une Clis, tout en poursuivant une scolarité à peu près classique.

Alexandre a maintenant 16 ans. Il est au collège et plutôt bien dans ses baskets.

Avec le recul nous déplorons le manque évident de communication entre les différents organismes, médicaux et éducatifs.
Nous aurions gagné du temps, et épargné bien des souffrances à notre fils.

Aujourd’hui, nous faisons en sorte que la société lui laisse une chance de pouvoir continuer son évolution et lui permettre de s’épanouir comme n’importe quel citoyen. □

Marie

* Voir glossaire.